Quand ils ne sont pas dans des CHSLD, dans des chambres d'hôpitaux surpeuplées en attendant une place dans un CHSLD, nos parents, nos grands-parents devenus malades, incapables, après avoir travaillé toute leur vie, sont en train de pourrir dans leur pipi, de moisir dans leur caca, parqués sous clé qu'ils sont dans les étages de «soins aux personnes non autonomes» des résidences à plus de quatre mille piastres par mois ou dans des chambres tout aussi gourmandes de maisons non déclarées.
Des employés sous-payés qui passent plus vite que les portes ne s'ouvrent et se referment n'ont aucune idée des soins qu'ils sont censés dispenser aux résidents qui ne sont plus en état de dépenser en biens et services de toutes sortes.
Quand le pauvre hère à qui il ne reste plus que sa pudeur se tient devant eux en puant de toute sa couche déclare qu'il s'est déjà lavé ils ne vont surtout pas le contrarier ni se colleter avec lui pour le changer. Ils vont tourner les talons et le laisser se désagréger sur place.
S'il refuse d'autres vêtements parce qu'il ne sait plus attacher ou détacher ses boutons, personne ne saura patiemment le distraire et l'amener à défaire la moindre tâche en petites étapes? Vont-ils se donner le trouble ou faire provision de patience pour 14$ de l'heure?
Il ne faut plus que nos vieux dérangent, mais il ne faut pas non plus qu'ils cessent de rapporter. Tant que les piastres vont continuer de bruisser dans les poches des gestionnaires, des administrateurs, des cadres, pourquoi cesseraient-ils de s'enfermer dans leurs bureaux tandis que leurs employés vont travailler avec du Vicks dans le nez?
Le bon docteur Hébert parlait cette semaine de mourir humainement à la maison. Est-ce qu'on ne pourrait pas mourir dignement où que l'on soit, bon docteur Hébert?
Quand on ne peut pas rapporter directement au gouvernement, on devient un tapis sur lequel le gouvernement ne cesse de s'essuyer les pieds.






















