mardi 26 janvier 2010

La bonté des animaux


Des bouquets de joie, voilà ce qu'elles sont! Arrivées après la mort de Sammie elles n'ont pas tardé à se faire une place dans nos vies. Au début, elles s'appelaient Tsuki et Romi; avec le temps Romi est devenue Moki.

Ce matin, elles sont toutes les deux à la clinique vétérinaire pour une stérilisation. Nous irons les reprendre demain. Nous voulions le faire en décembre mais il faisait si froid que nous ne souhaitions pas leur imposer ce stress supplémentaire (elles vivent dehors - un jour je vous emmènerai visiter leurs petites maisons bien isolées). La fin de l'hiver vient et, avec elle, les matous du village commencent à laisser des traces de leur présence : le temps commençait à presser. Y en a un tout gris, qui a pratiquement élu domicile dans la boîte à compost.

Je vous écrivais dans le titre le mot bonté. Étonnant pour des animaux. Mais pas tant que ça! Pendant des années nous avons eu des poules et elles avaient chacune son caractère, ses colères, ses ambitions (oui, oui, je vous assure), ses joies aussi. Différentes des nôtes, mais bien à elles.

À la maison, la chienne qui déteste les chats, a pris les petites Tsuki et Moki sous sa protection. Elle ne supporte pas qu'elles courent des risques, se bagarrent un peu sérieusement ou pire encore s'approchent de la route. Quand une automobile vient dans l'entrée, elle surveille pour s'assurer que les petites curieuses n'aillent pas fouiner sous la voiture.

Depuis leur arrivée, Gemini, soeur de Sammie et fille de Ginnie, leur mène la vie dure. Pour dire vrai, elle fait la vie dure à Tsuki et ignore Moki. Elle la fait tomber, lui saute dessus, la terrorise. Y a pas : nous lui donnons encore plus d'attention depuis que les petites sont là, mais il n'y a rien à faire. Elle se cache et dès qu'elle aperçoit Tsuki, elle se change en gros tigre et passe à l'attaque.

Sa dernière marotte consiste à terroriser la petite au point de la faire grimper tout en haut, au sommet des grands arbres et à l'empêcher de redescendre.

L'autre nuit, des galopades et des cris horribles. Gemini venait de passer à l'attaque. Kellie jappait et pleurait avec insistance, Tsuki hurlait au faîte d'un orme rouge. J'ai commencé par lancer des balles de neige sur le tronc, juste sous Gemini, qui est vite redescendue pour aller se cacher - si, si, elle a une sorte de conscience de mal agir et elle se cache. Restait la petite tout en haut, qui n'osait pas redescendre. J'avais beau essayer de la guider d'en bas en tapotant le tronc, elle s'y prenait tête première et paniquait aussitôt que la loi de la gravité menaçait de s'appliquer.

Tout à coup, Moki est arrivée qui a grimpé dans l'arbre jusqu'en haut. Elle s'est mise juste sous Tsuki et s'est retournée pour redescendre aussitôt à reculons avec agilité. Tsuki a essayé de la suivre, tête première, et s'est vite raccrochée à ce qui restait de branche au sommet de l'arbre. Moki est remontée et a recommencé son manège : on se retourne, on prend le tronc à grands bras, avec ses griffes on s'accroche et on descend tout doucement... Tsuki a commencé à descendre, mais elle était si maladroite que la panique l'a gagnée.

Moki est remontée, sur une branche parallèle cette fois. Rendue presque à la hauteur de Tsuki, elle s'est retournée et est restée là sans bouger. Doucement, Tsuki a fini par faire comme elle et se retourner. Moki est alors descendue et Tsuki a suivi.

Plus je connais les animaux, plus je m'aperçois que leur univers est beaucoup complexe que celui que nous leur prêtons. Nous n'avons pas besoin de les anthropomorphiser : ils ont des émotions, des caractères, des comportements qui ne nous sont pas si étrangers.

En tout cas, d'avoir vu Moki aider Tsuki ça m'a donné espoir en l'humanité. C'est fou, hein?

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