lundi 28 mars 2011

Allô? où êtes-vous? que faites-vous? à qui parlez-vous?

Photo : Pozland sur Flickr

C'est à cela que ressemble notre cellulaire domestique. Ce modèle exactement. Acheté en 2004. Nous n'avons jamais perdu les 75$ de minutes qui l'accompagnaient. Chaque mois, nous mettons les 10$ de minutes réglementaires : pour 120$ par an, nous avons une certaine ;-)) assurance de ne pas nous trouver tout à fait démunis si la voiture tombait en panne, si nous étions très en retard, si un arbre déraciné nous bloquait la route.

Je l'aime bien. Chaque fois qu'un commerçant, qu'un site nous oblige à fournir un numéro de téléphone, je m'empresse de donner celui-là. Parce qu'il est toujours fermé. (En plus du téléphone domestique, j'ai aussi inscrit ce numéro sur la liste nationale des numéros de téléphone exclus.)

Maintenant, il y a tellement de minutes accumulées que pour les utiliser, il m'arrive de faire des interurbains. Ça tombe justement bien, aux tarifs prohibitifs que pratique Bell Canada, qui ajoute 1,95$ de frais de connection à chaque interurbain que nous faisons!

Dans le New York Times d'aujourd'hui, il était question des petits jeux des internautes qui s'amusent à se rapporter à leurs amis. Là, maintenant, je suis ici; et puis en ce moment, je lui là-bas et là, depuis hier, je suis en vacances à... Quand on peut décider soi-même de ses petits jeux, de ce qu'on dit et à qui on le dit, ça peut toujours aller, mais quand on informe sans même en avoir conscience les entreprises de téléphonie mobile et leurs copains les publicistes du moindre de nos déplacements, c'est une toute autre paire de manches!

Contrairement aux sites et aux services Internet qui envoient des cookies pour savoir où nous sommes et ce que nous faisons, les entreprises de cellulaires n'ont qu'à enregistrer les signaux que nous leur faisons parvenir par le biais de leurs antennes relais. Dès que notre téléphone est ouvert, elles savent où nous sommes, comment nous nous déplaçons, avec qui nous parlons, pendant combien de temps; qui nous a envoyé un message texte et à qui nous en avons envoyé. Si nous utilisons notre téléphone pour relever nos courriels, elles savent combien de fois nous le faisons dans une journée.

Les corps policiers, les agences de sécurité y trouvent tout ce qu'ils désirent et plus; et si les agences y trouvent leur compte, les agences de publicité ne sont jamais bien loin derrière. Puisque les sociétés de téléphonie conservent les informations qui nous concernent, pourquoi n'en profiteraient-elles pas pour faire encore plus d'argent en les partageant?

Je chéris mon droit à la privauté et je préfère de loin choisir à qui je donne les informations qui me concernent.

Et vous?

3 commentaires:

  1. eh bien moi je n'ai même pas de cellulaire!

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  2. Je vous admire, Manon; je voudrais être comme vous. J'arrive à me passer de télé depuis 1993, de four à micro-ondes depuis 1996, de voiture personnelle depuis trois ans, mais pas encore de téléphone portable. Peut-être que c'est l'âge, mais il m'arrive d'avoir peur d'être tout à coup coupée de l'Homme de ma vie, ou des enfants et de la petite-fille de ma vie. Je me sens plus en sécurité avec un téléphone fermé qui fonctionne pratiquement jamais que sans téléphone.

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  3. Hihi... j'ai un téléphone portable, toujours éteint, sans boîte vocale, qui me sert à appeler en cas de besoin uniquement. Moi aussi je fournis ce numéro... vu que je n'ai pas de boîte vocale ;-)
    La paix... ça s'achète aussi semblerait!

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