vendredi 4 mars 2011

Les glissantes d'Edna

Quand j'étais enfant, les glissantes de ma grand-mère étaient mon plat préféré. Je pouvais en manger deux grosses assiettées... quand ce n'était pas trois!



Jeune adulte, j'ai demandé à grand-maman de me montrer comment les faire. «C'est tout simple, qu'elle m'a dit, tu fais un bouillon et puis tu fais une pâte un peu moins compacte que pour les tartes avec ton bouillon, un oeuf et du lait, tu roules et tu coupes, tu remets dans le bouillon. C'est pas difficile!»

Moi, ma grand-mère avait des tonnes de recettes (elle avait un restaurant et un magasin dépanneur), mais elles étaient toutes dans sa tête et elle ne mesurait pas. Difficile de transmettre des recettes!

Elle m'avait raconté que les glissantes, en hiver ça nourrissait une famille pour presque rien, surtout quand les temps étaient durs. Et des temps durs, elle en avait connus!

Pour ma part, il aura fallu quelques années avant de maîtriser l'art de faire les glissantes de grand-maman. Et maintenant, je ne voudrais surtout pas que la recette se perde, alors je me disais que je la placerais ici et que je vous la confierais.

Cette semaine, ma fille avait envie d'en manger; ça tombait bien. Je me suis exécutée de bonne grâce d'autant plus que l'envie de glissantes, c'est contagieux!


Tout d'abord on fait saisir un beau morceau de palette, veau ou boeuf. Du temps de grand-maman c'était la viande qu'on avait. Parfois des tours de steaks, parfois des restes de volaille, parfois des cubes. Rien ne se perdait à l'époque de sa jeunesse. À l'époque de la mienne déjà, c'était plus souvent qu'autrement des beaux morceaux, rarement des restes quoique ça arrivait parfois.



Pendant que la palette saisit, on coupe un beau gros oignon.


Quand la palette est bien saisie, on ajoute les oignons, quelques feuilles de laurier, une bonne pincée de thym, une bonne pincée d'origan, et une cuiller à thé de poivre. On laisse passer quelques minutes, pour que les saveurs commencent à se mêler.


Et puis on ajoute six tasses de bouillon (boeuf, veau, poulet, légumes). Ici, j'ai mis du bouillon de légumes. Et on laisse mijoter lentement, lentement... à couvert presque fermé.

Quand la viande se détache on désosse et on enlève les parties grasses avant de la remettre dans le bouillon qui continue de mijoter.


Dans un grand bol, on mélange ensuite 2 tasses de farine et une cuiller à thé (5ml) de poudre à pâte (levure chimique) et on façonne la pâte avec 125ml du bouillon de cuisson, 125ml de lait et un oeuf battu.


On met ensuite la pâte à reposer au frigo pendant une demi-heure.


Quand on reprend la pâte, on la roule et puis on la découpe en lanières, puis en bouchées qu'on laisse ensuite reposer sur la surface de travail.


Quelques minutes avant le repas, il suffit de monter le feu et de ramener une bonne ébullition. Et puis on dépose les bouchées de pâte – les glissantes – dans le chaudron et on cuit pendant 5 ou 6 minutes, le temps que les pâtes remontent à la surface et que le liquide de cuisson se transforme en belle sauce épaisse.


Ne reste plus qu'à servir.


Si vous avez des grosses assiettes bleues comme celles de grand-maman, c'est encore meilleur!

Psitttt! faites circuler la recette pour qu'elle ne se perde jamais!

Bon appétit!

8 commentaires:

  1. Ah ! moi je vais la noter. Les recettes de grand-mamans avec amour comme ingrédient, ce sont vraiment les meilleures.<3<3<3. Josiane

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  2. J'adore cette recette et le souvenir qu'elle évoque :)

    Je crois que je vais essayer à la maison très bientôt!

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  3. Vous m'en direz des nouvelles, Manon!

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  4. Ah! Josiane! il y a eu tellement d'amour dans cette recette; j'espère que tu l'aimeras. C'est une recette de bonheur! Chaque fois que je l'évoque, que l'homme de ma vie le fait ou bien mes enfants, mes frères, c'est des souvenirs tout doux qui remontent.

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  5. Woaw !!! Je découvre une recette que je ne connais absolument pas ! Ca l'air bon !!! Ca me tente bien d'essayer à l'occasion !

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  6. Tu m'en donneras des nouvelles, Cricri! Désolée pour le retard à publier le message : mon ordi est à l'hôpital (ce matin j'en ai un et j'ai pu prendre mon courrier).

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  7. J'ai déjà entendu parler de cette recette dans une émission de télé qui recensait les plats du terroir. Il me semble me souvenir qu'elle venait de l'Est, du Jura ou de la Savoie, quelque chose comme ça. En tous cas je vais essayer, mon mari adore ce genre de plat qui "réchauffe l'intérieur et tient au corps", comme il dit.

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  8. Étrange : mon ancêtre direct qui s'appelait Boutron dit Major (parce qu'il venait de la branche aînée de la famille Sandoz) venait du Doubs, en Franche-Comté. On suppose pour l'instant que la famille s'était précédemment établie en Savoie. Ce serait chouette qu'il s'agisse d'une cuisine apportée ici!

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